Faire passer quelqu’un sous les fourches caudines, c’est le contraindre à faire des concessions ou à capituler dans des conditions humiliantes. Rome étendait alors sa puissance et soumettait une à une les nations voisines. Dans sa conquête du sud de l’Italie, elle s’est heurtée aux Samnites, peuple rude et fier, mieux entraîné à la guerre et décidé à préserver son indépendance. Le général des Samnites avait préparé un stratagème qui devait, avait-il espéré, entraîner la perte des troupes romaines.
En les attirant sur une route étroite, encaissée entre les montagnes couvertes de forêts. Les Samnites attendaient les romains au passage d’un défilé profond. Dès que l’ennemi s’est engagé, de la forêt et des rochers, les Samnites ont aussitôt attaqué. Surpris et en mauvaise position de défense, les Romains avaient à choisir entre se rendre ou mourir. Ils se sont rendus. Pour assurer leur indépendance future, les Samnites avaient proposé deus solutions : soit avoir la générosité de renvoyer, sans autre mal, les troupes romaines et s’attirer ainsi la bienveillance de la puissance ville, soit exterminer l’armée ennemie et briser pour longtemps sa force.Mais le général samnite ne cherchait à tirer de sa victoire qu’une satisfaction de vanité. Il n’eut nul souci de générosité pas plus que prudence en épargnant les troupes romaines.
Après les avoir contraintes à déposer leurs armes, il les a obligées, capitaine en tête, à passer courbées et honteuses sous l’arc fait de deux fourches plantées en terre et surmontées d’une troisième. L’immense orgueil romain, tel que connu, n’a jamais pardonné pareille humiliation. De nouvelles batailles se sont engagées, au cours desquelles Rome, décidée à se venger, a écrasé le peuple samnite.