Depuis les événements du 28 septembre 2009, la notion de responsabilité devient une source de polémique entre guinéens. Cette polémique devient quelque fois génératrice de conflits et d’intolérance massif tant la notion de responsabilité heurte certain de nos compatriotes.
Pourtant il faut se rendre à l’évidence. Tant que chaque citoyen n’apprendra pas à évaluer les conséquences de ses actes, nous ne seront jamais respectueux des règles simples de la démocratie et de l’humanité. Nous devons mettre en marche toute notre éducabilité cognitive collective pour cerner les méthodes et les motivations de chacun de nos actes. Avant d’aborder la notion de responsabilité sur un plan socio philosophique, sans aucune prétention d’être sociologue ou philosophe, mon souhait ici est d’amener chacun à prendre sa part de responsabilité dans ses douloureux événements mais aussi dans toutes les grandes crises qui ont mis la cohésion sociale à rudes épreuves.
Les événements du 28 septembre 2009 au stade du même nom, ne doivent pas rester impunis au sens le plus large du mot. Que chacun accepte de reconnaître sa part effective de responsabilité, c’est ce qui permettra à la vérité de se manifester entièrement. Depuis ces crimes du 28 septembre, la différence de point de vue devient spontanément une source de confrontation entre nous, étant donné que les protagonistes sont plus dans la défense de leur argumentaire qu’à la recherche de la vérité. C’est la raison des multiples cacophonies auxquelles nous assistons maintenant sur les sites internet et d’autres médias. Que d’injures sur le net ! Comme si ce moyen ne devait servir qu’à développer la haine. En écrivant ces mots, je ne suis pas moi-même à l’abris de la hargne de certains compatriotes. Nous n’acceptons plus la différence comme si, il était dit qu’un jour toutes les têtes guinéennes seront sous un seul chapeau. L’arrogance plaide en la faveur des intolérances au point où beaucoup de nos compatriotes ne participent plus à la confrontation des idées sur le net.
Les propos sanglants diffusés sont de nature à réduire notre capacité d’élaboration d’un véritable projet de société. Nous devons accepter de nous dire la vérité en tout lieu sans être hypocoristique. Dans cette nouvelle relation belliqueuse que nous entretenons désormais, nous retirons la parole aux plus humbles de nous qui se taisent et regarde dire ou faire. C’est aussi une responsabilité à assumer. Dans la responsabilité, il y a l’idée de répondre de, un engagement, une obligation de répondre. La responsabilité, c’est cette capacité de répondre/Du latin « Respondéré » qui signifie digne de, être à la hauteur, avoir du répondant, faire face à l’adversité, se porter garant. Le préfixe « RE » suppose qu’elle s’effectue dans le groupe. La responsabilité est existentielle c'est-à-dire par rapport à quelque chose, à quelqu’un voir à un acte. La responsabilité suppose un engagement. C’est mettre quelque chose en gage, c’est aussi dire par conséquent que d’avance, l’on se rend responsable de ce qu’on engage. L’engagement n’est il pas en soit une prise de risque ? Au sens juridique du mot, la responsabilité est simplement d’en supporter, d’en subir, de répondre de ses actes ou d’en assumer les conséquences devant les personnes lésées (responsabilité civile) ou devant la société perturbée (responsabilité pénale).Il faut faire une nette distinction entre les fonctions de la responsabilité civile et de la responsabilité pénale. Dans la première, le droit civil cerne une responsabilité qui est fonction du dommage causé. C’est pour cela qu’en droit civil, on peut être reconnu responsable sans être coupable. La responsabilité civile met en présence d’une part un (débiteur) qui doit réparer ou répondre du fait dommageable et d’autre part la victime (créancier) qui doit profiter du dommage. La responsabilité pénale cerne une culpabilité et la culpabilité procède d’une violation de la loi.
En droit pénal, on ne peut être tenu responsable que quand on est coupable. Dans la responsabilité pénale, l’acte qui est posé est plus interrogé dans ses motivations que dans ses dommages ou conséquences. Chacun de nous est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait mais aussi par sa négligence ou son imprudence c’est pourquoi on dit qu’il y a commission.
La transition est en marche, les institutions seront réhabilitées et la Guinée prendra son envol vers le bonheur du peuple qui passera forcement par la construction d’un Etat de droit où l’impunité ne sera plus qu’un lugubre souvenir.
Que Dieu, le tout puissant donne la force aux guinéens de changer ce qui peut l’être, le courage de supporter ce qui ne peut pas être changé et la sagesse de ne pas confondre l’un et l’autre.
Que toutes les victimes des barbaries reposent en paix.
Moussa KANTE
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