Conakry, la capitale guinéenne est devenu un lieu de peur, d’inquiétude, de tristesse, de traumatisme, bref invivable. Et pour cause. Chaque jour que le bon Dieu fait à son cortège de malheur au sein des familles, parents, amis, connaissances et voisins.
Pour en revenir à l’actualité du jour, disons pour paraphraser l’autre que chacun à son tour chez le coiffeur à Conakry et Mohamed Camara, professeur de Droit à l’université de Sonfonia et à l’université privée Kofi Annan, n’échappe pas à cette règle.
Dans la nuit du samedi à dimanche à 3 heures du matin, il a reçu la visite inopinée de quatre personnes en uniforme et cagoulées qui ont tapé à la fois à sa porte et à la fenêtre. Le temps pour lui de lever un peu le rideau pour voir ce qui se passe à l’extérieur, un des visiteurs lui a dit ceci « ouvrez la porte sinon, nous allons cassé tout pour rentrer ». N’ayant pas le choix et surtout pris de panique par la nature des visiteurs, Mohamed Camara a aussitôt ouvert la porte.
Aussitôt, l’ordre lui a été intimé de lever les mains en l’air. Ce qui fut fait par le propriétaire des lieux.
Alors, ils se sont engouffrés dans la chambre pour fouiller la maison de fonds en comble y compris le salon. Valises, documents, livres, ordinateurs, tout a été passé aux peignes fins par le soins des quidams.
Un montant de deux cent mille francs, des CD et VCD ont été pris par les visiteurs dans la chambre. Au salon, l’un d’eux avait demandé de prendre l’unité centrale de l’ordinateur. Son ami lui a dit ceci « laisse tomber, nous ne sommes pas venu pour ça ».
Au finish, à la sortie, le plus agité du groupe lui a jeté cette phrase à la figure « si tu sais faire des débats à la télé ou à la radio sur les notions de droit, ce sont tes étudiants qui en ont le plus besoins ». Fin de citation.
La victime qui garde tout le même le moral estime pour sa part qu’il ne parle pas de politique dans ses débats. « Je parle plutôt du civisme aux gens. Mes débats tournent autour de mon domaine. Si cela est aussi interdit, je ne sais pas ce qu’il faut faire », a indiqué M.Camara.
Avant d’ajouter qu’il va porter demain lundi plainte contre X. Une copie de cette plainte sera remise au chef du quartier de Dixinn où il réside. A qui le tour demain ?
Mohamed Soumah