Des mercenaires Américains sont au centre d'un nouveau scandale. Selon l'exposé de l'organisation non commerciale de surveillance, des vigiles de l'ambassade des États-Unis à Kaboul (Afghanistan) auraient organisé des tapages d’ivres allant jusqu’à entamer l’intégrité de leurs collègues afghans. Des témoignages étayés par des photos d’officiers US de la compagnie "ArmorGroup" en état d’ébriété. Photos affichées sur Internet et dans certains médias. Washington a d’ailleurs annoncé la tenue d'enquête détaillée sur ce fait. La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, prédit déjà, la tolérance zéro au cas où des culpabilités seraient établies suite à l’enquête.
Ces photos suscitent l’indignation et sont à la limite de la vulgarité. Il ne s'agit pas d'une partie de soirée privée. On y voit, comme par approbation de ces derniers devant le preneur d’images, comment ces vigiles de l'ambassade américaine en Afghanistan se défoulent. Et cela, naturellement, au frais du contribuable américain. Il faut remarquer que le contrat avec la compagnie "ArmorGroup" pour la protection de la mission diplomatique était conclu par le département d'Etat américain qui a payé pour cela 190 millions de dollars. Selon les récits des afghans souffrants des sévices subis, les mercenaires ne se privent aucun excès, surtout lorsqu’il s’agit de porter atteinte à l’intégrité de leurs subordonnés afghans. Ils les forcent à boire de l'alcool qui leur est interdit par leur religion, l'Islam. Ou encore des relations sexuelles avec leurs amis. Des soirées régulièrement arrosées d'alcool tant les atterrissages d’avions des USA en Afghanistan sont quotidiens.
Un des souffrants de ces sévices de témoigner : « Les officiers sont toqués. Ils piquent des colère de vraies brutes comme des chiens enragés ».
On comprend aujourd’hui la réaction de l’administration américaine de procéder à des enquêtes sur ces faits qui n’honorent guère. Mais, les aurait-elle suggérées si ces actes n’avaient pas été éventés au grand jour par les victimes mêmes ? That is the question ! Evidemment que des employés de la protection (vigiles) qui n'avaient pas voulu participer à ces excès les avaient dénoncés eux-mêmes à une des organisations de défense des droits de l'homme.
« Nous avons immédiatement commencé l'enquête. On mène à Kaboul et à Washington. Certes, on fera les conclusions correspondantes. Cela peut être le remplacement du personnel ou l'interdiction du travail des mercenaires » déclare Ian Kelly, l'attaché de presse du département d'Etat américain.
« Il est impossible de croire en ce que les gens qui doivent protéger notre ambassade dans le pays où la guerre continue se comportent de cette manière. Néanmoins, selon notre enquête, la plupart de ces mercenaires sont jusqu'ici à Kaboul, c'est-à-dire ils n'ont pas perdu leur travail! » - ne cache sa surprise Daniel Bryan, le directeur du projet de la surveillance de l'activité gouvernementale aux États-Unis.
Le commandement militaire américain connaissait des actions similaires de la part de gardiens de "ArmorGroup". Mais, il a, malgré tout, décidé de prolonger le contrat avec cette compagnie ; surtout qu’il n'y avait pas de prétentions sur la garantie de sécurité.
Ce n'est donc pas la première fois que des mercenaires mettent Washington dans une position inconfortable. Le dernier exemple - la compagnie "Blackwater" qui avait fait beaucoup de bruits dans sa mission dite de protection des diplomates en Iraq. En 2007, des agents de cette entreprise privée de gardiennage ont procédé à une fusillade à Bagdad en tuant 17 habitants pacifiques. Une enquête a été déclenchée par l’administration américaine. Résultat : démission du chef de la compagnie et "Blackwater" n’a fait que changer d’enseigne. Cependant, elle a continué à travailler pour le gouvernement américain.
Pendant cet été en Afghanistan, les Etats-Unis ont perdu 113 soldats. Et la situation au pays des talibans devient de plus en plus explosive. Récemment à la suite d'une attaque terroriste, 23 personnes ont été tuées et parmi les victimes, un adjoint du chef des services spéciaux de l'Afghanistan. En même temps les derniers sondages ont montré que plus de la moitié des américains sont contre la guerre en Afghanistan et les militaires font toujours des rapports sur l'insuffisance constante du recrutement des volontaires. Dans ces conditions les compagnies privées de gardiennage sont de plus en plus réclamées.
Il y a quelques jours, le chef du département d'Etat américain, Hillary Clinton a ordonné de faire une enquête détaillée sur l'activité de "ArmorGroup", car, a dit Mme Clinton, « Ces accusations sont très sérieuses et dans ce cas on ne peut parler d'aucune tolérance ».
D'ailleurs même si l'Etat américain annule le contrat avec "ArmorGroup", personne ne pourra garantir que de nouveaux mercenaires respecteront les règlements militaires et garderont la décence à l'étranger.
Dr Alpha Ben Kourouma, Observateur de la scène internationale