CELLOU Vs ALPHA: Un seul gagnera !

Jeudi, 02 Septembre 2010 07:49
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specimen_2_tourDepuis que Mamadou Sylla "Syma", président de la Cour Suprême, a proclamé les résultats définitifs du scrutin du 27 Juin 2010, les Guinéens sont certains d'une chose : le futur président de la République sera Cellou ou Alpha. Et les 22 autres postulants doivent attendre, du moins, s'ils continuent à caresser l'ambition de ‘'loger'' un jour à Sékhoutouréya...

 

Mais cette considérable réduction de candidats et la simplification du choix qui va avec, loin de faciliter les choses et de rassurer les Guinéens, pourraient se muer en une véritable angoisse pour eux. En effet, depuis que la date du second tour a été fixée et à mesure que celle-ci approche, déclarations et contre-déclarations venant des deux Etats-majors tendent à faire croire qu'aucun des deux finalistes, n'est prêt à accepter une défaite.

Chacun d'eux pense et demeure convaincu que son éventuel échec ne serait que consécutif à une fraude ou à une tricherie. Il est vrai que c'est dans l'ordre normal des choses que d'aborder une compétition avec un mental de gagneur. Il est aussi vrai que c'est vivement encouragé et recommandé de se débarrasser de tout esprit défaitiste avant d'aller à un combat.

Mais il est tout aussi vrai que dans une bataille comme celle que se livreront l'UFDG et le RPG, le 19 Septembre prochain, il y aura un gagnant et un perdant. Et il est du devoir des responsables politiques de préparer les militants à toutes les éventualités. Hélas, au lieu de cela, des deux camps, on s'évertue à exhorter  les électeurs à refuser tout résultat qui ne soit pas favorable au leader de leur choix.
Pour cela, et comme nous le soulignions plus haut, l'argument est de leur faire croire, que tout résultat qui leur est défavorable serait le fruit de la fraude. Et s'y opposer reviendrait donc à barrer la route à la fraude. À y réfléchir, c'est comme si, aux militants des deux candidats, une élection honnête et transparente devait aboutir à leur victoire, à tous les deux. Inédit non !

Cependant, si le message est donc le même des deux côtés, les raisons et les arguments sont, eux, différents. Tout d'abord, du côté de l'UFDG, on pense qu'avec le score de Cellou au premier tour, il est impossible qu'il perde le 19 Septembre, du moins à la régulière. Surtout qu'à lui, se sont ralliés Sidya Touré et Abé Sylla.

Par ailleurs, dans ce camp, on est de plus en plus convaincu que le retard pris dans la programmation du second tour ainsi que les récents agissements du Premier ministre, en vue d'une plus grande implication du MATAP dans la gestion du second tour, n'ont pas été sans raisons.

Ils doivent alors se remémorer tous les débats et toutes les mésententes qui ont entouré les ralliements des deux leaders pré-cités à l'UFDG. Qu'ils sachent aussi qu'autant il est bien d'être vigilant, autant il est mauvais de faire des procès d'intention.

Du côté de l'alliance Arc-en-ciel du RPG, on comptabilise et brandit des irrégularités, erreurs et légèretés qui auraient émaillé le premier tour. Conséquence : à leurs yeux, la CENI est désormais tout sauf crédible. On mise aussi sur la pléthore de partis ayant décidé d'accompagner le Pr. Alpha Condé au second tour.

On pourrait alors leur opposer le fait que les insuffisances du premier tour n'ont pas été que contre le RPG. Qu'ils aient également l'honnêteté de reconnaître que très peu, des très nombreux partis qui composent leur alliance, ont un poids électoral digne de ce nom.

Ainsi qu'on le voit, si chaque camp a des arguments et des atouts à faire valoir, pour justifier son optimisme, il a aussi des raisons dont il devrait objectivement tenir compte pour demeurer réaliste.

Ce brin de réalisme est d'autant plus nécessaire qu'il permettra de voir, au-delà de sa famille politique, l'intérêt et l'avenir de la Guinée. Car le changement que les Guinéens réclament n'est pas celui qui substitue à la Guinée déliquescente et anarchique que nous avons connue ces dernières années, une autre, en proie à l'instabilité, à la violence et au chaos.

Mais les responsables politiques ne sont certainement pas les seuls qui doivent œuvrer pour éviter à notre pays ce sombre scénario. La responsabilité des autorités de la Transition à tous les niveaux, est également engagée. Chacun d'eux devra s'acquitter de son devoir, en se rappelant que celui-ci est historique. Que chacun d'eux réalise qu'avec l'acte qu'il va poser,  il détermine l'avenir et le futur de la Guinée et des Guinéens.

Et que c'est à ce prix seulement qu'on ne dira pas après que la Guinée a manqué cette autre occasion de son histoire. Puisse chacun comprendre et s'approprier ce message.

 

Source: Guineeconakry.info

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