
Cellou Dalein et Alpha Condé sont attendus Ouaga. A la demande du président ad interim, le général Sékouba Konaté, les deux hommes politiques, vont devoir s'y rendre, pour ‘'s'expliquer'' au président du Faso, comme si de leurs dernières rencontres à Conakry, tout avait été oublié et les promesses tenues, ravalées aux calendes burkinabè. Comme si les interventions des présidents Toumany du Mali, de Wade du Sénégal, de Ping de l'Union africaine et de la Manu River Union, n'avaient vraiment servi à rien...
Les Guinéens sont entrain de tresser pour Blaise Compaoré les plus belles palmes de son engagement politique dans les conflits africains.
Les leaders guinéens par leur orgueil, leur soif du pouvoir et leur esprit d'exclusion, sont depuis incapables de trouver les chemins de la réconciliation à Conakry, Labé, Kankan ou N'Zérékoré. Non ! Ils préfèrent se rendre à Ouaga, où Blaise Compaoré les reçoit fièrement. Lui qui traine encore les casseroles de la mort, dans des conditions non encore élucidées, de son frère d'armes Thomas Sankara. C'est le paradoxe et le miracle de la politique.
Les honneurs y fréquentent avec une indicible complicité les dédales de la honte, au grand dam des bonnes consciences et de la vérité historique.
Que vont pouvoir dire à Compaoré, Cellou et Alpha et qu'ils n'ont pas encore dit ? Que va-t-il faire Compaoré ? Que peut-il ? Rien, sans les Guinéens, a-t-il déjà dit, lors de son dernier voyage. Alors que vont faire encore à Ouaga, nos deux leaders qui rêvent de diriger la Guinée ? Du tourisme politique.
Chacun des deux devraient retenir une chose simple : la dignité tire sa force de l'humilité et du sens des responsabilités. Pas de l'orgueil qui aveugle et détruit. Pas du « moi ou rien ». S'ils le comprennent et l'acceptent, ils ne verront sur leur chemin, que l'intérêt supérieur de la Guinée, et sacrifieront sur l'autel de la démocratie, ethnies et partis, pour la paix et le développement.
Source : Guineeconakry.info