Procès des présumés narcotrafiquants : Sékouba Konaté et Doura Chérif sont-ils rattrapés par leur passé ?

Vendredi, 13 Août 2010 15:45
Imprimer

sekouba konateCHERIF_Doura_01Au lendemain de  la prise du pouvoir par le CNDD  le 23 décembre 2008, le chef de la junte, le Capitaine Moussa Dadis  avait plusieurs chantiers dont le narcotrafic qu’il voulait bouter hors des frontières nationales.

 

Et avec son secrétaire d’état chargé des services spéciaux, de la lute anti drogue et du grand banditisme à l’époque, Moussa Tiégboro Camara, quelque 117 personnes furent arrêtées en 2009 et mises à la disposition de la justice guinéenne.

Mais avec l’arrivée d’un certain général Sékouba Konaté aux affaires, ces 117 prévenus ont commencé à disparaitre de leurs lieux de détention et au décompte final, quatre seulement sont restés à  ce jour. Et dans les débats de la cour d’appel du jeudi, le ministère public, les avocats aussi bien de la défense que de la partie civile ont posé un certain nombre question pour éclairer la lanterne des uns et des autres.

 La première a été celle relative au fils ainé du président défunt, Ousmane, notamment, l’acte de cassation de la cour suprême et de sa mise en liberté provisoire. Et c’est au grand étonnement de tous ceux qui étaient dans la salle d’audience que le premier président de la cour Doura Chérif a déclaré à la cour qu’il n’a jamais reçu l’acte de cassation de la cour suprême. Le ministère public, non plus n’a reçu, encore moins les avocats de la défense et de la partie civile. Alors où est passé l’acte qui a mis en liberté Ousmane Conté ?  Doura Chérif est resté muet. Il en est de même pour les autres membres de la cour. Pour ainsi dire, personne n’a vu passé un quelconque acte signé de la cour suprême.

La deuxième interrogation est venue d’un accusé en la personne de Mamady Kallo qui a posé cette question au président de la cour Doura Chérif. « Monsieur le président, au début de cette procédure, nous étions au nombre de 117 personnes, aujourd’hui, nous ne sommes que quatre. Où sont passés les autres personnes impliquées dans ce dossier au même titre que nous ? ».  A ce niveau aussi, le président de la cour Doura Chérif a tout de même reconnu qu’il y a eu des  mises en liberté provisoires abusives et fantaisistes, des présumés  accusés hospitalisés qui ne reviennent plus au lieu de détention. Mais encore une fois,  le premier président de la cour n’a jamais dit qui a autorisé la libération des 113 prévenus. Doura Chérif s’est tout simplement contenté de parler  de «  l’immixtion des plus hautes autorités militaires et de l’état dans les affaires politiques ». Alors est-ce à dire que c’est le président intérimaire qui libère les prévenus ?. Difficile d y répondre.

 En tout cas, un des avocats de la partie civile a convié « Au moment où Ousmane Conté a été arrêté en janvier 2009, il était capitaine de l’armée. A sa sortie de la prison, il a porté le grade de colonel en passant sur deux  autres grades et non des moindres à savoir « Commandant et Lieutenant colonel », ce qui donne à réfléchir », a conclu l’avocat.

Et Doura Chérif dans tout ça. Il avait d’abord accordé la liberté provisoire aux chinois dans l’affaire de fabrication de faux médicaments exhibé à la télévision nationale à l’époque par Moussa Tiégboro Camara.

 

 Le moins qu’on puisse dire à propos, c’est que Doura Chérif avait crié à l’époque à l’ingérence de Moussa Tiégboro dans les affaires judiciaires. Ce dernier s’est tue et les libérations se sont poursuivies. Et de 117, nous sommes aujourd’hui à quatre. Qui ont pour nom, Mamady Kallo, Saturnin Bangoura, Charles Pascale Tolno et un autre dont le nom ne nous a pas été révélé.

Encore une fois voilà ce qui relance les débats sur l’implication supposée ou réelle de Sékouba Konaté dans ce dossier plutôt juteux qui a fait coulé beaucoup d’encres et de salives au temps d’un certain Capitaine Moussa Dadis Camara.

Alors, Sékouba Konaté a-t-il  libéré et donner des grades à Ousmane Conté pour ne rien dire ?

 

 

 

Guineelive

 

ndourconcert
banniere_fojeg