A sa nomination à ce poste prestigieux et plutôt honorifique, Jean Marie Doré avait été commis à des charges bien précises : entre autres, organiser les élections et restructurer l’armée nationale. Une feuille de route qui s’inscrit dans la précarité de la période transitoire et qui, en aucun cas, ne devait ni être violée ni abusée, encore moins modifiée, pour quelque raison que ce soit.
Après le premier tour du scrutin présidentiel, le constat est alarmant, la CENI et le MATAP ont échoué dans leur entreprise. Le premier ministre Jean Marie Doré, dans son dernier point de presse, tenu à la primature, n’avait pas manqué d’en situer la responsabilité, en faisant porter le chapeau à la CENI, non sans noter les fraudes massives et autres dysfonctionnements ayant entaché la partie. Le locataire transitant de la primature n’est pas allé par quatre chemins, pour dénoncer la date du 22 Août fixée, unilatéralement, par la CENI. Date, de son point de vue, qui importe moins que la correction à porter aux dysfonctionnements constatés dans l’organisation du premier tour du scrutin. Aussi, comme arguments, Jean Marie affirme que l’organe chargé des élections n’a pas encore obtenu la totalité du financement demandé qui s’élèverait à quelque 78 milliards de francs guinéens. L’important, selon Jean Marie Doré, est moins de fixer la date du prochain scrutin que de réparer les torts causés. Comme pour faire entendre que le gouvernement qu’il dirige n’entend quitter la scène qu’après que tout sera rentré dans l’ordre. Puisque le premier ministre dit n’entendre pas porter le chapeau de ce qu’il pourrait advenir au cas où le prochain scrutin serait bâclé et sujet à contestations. Le clou du point de presse c’et la révélation inattendue que fera Jean Marie Doré, quand il informera, sans qu’il en soit demandé le pourquoi, d’avoir signé le contrat avec Hyper Dynamics dont il devait, le lendemain, inaugurer le premier ‘’bateau explorateur de pétrole’’ sur mer, non sans inviter la presse à être de la fête. Décidément, Jean Marie semble ne pas observer de frontière dans ce qu’il donne comme contenu à sa mission, pourtant bien précisée dans sa feuille de route. Parce que ne voyant personne pour le rappeler à l’ordre. A quelles conditions et à quel titre aurait-il outrepasser ses charges, au point de s’occuper de ce qu’il devait être laisser au tout prochain gouvernement qui doit sortir des urnes ? Ayant échoué dans sa mission, le locataire de la primature, qui doit bientôt ranger ses serviettes au placard et prendre la porte, aurait-il le droit d’abuser de ses charges, sans être interpeller sur ses errements ? Acculé par sa diarrhée verbale, il ira jusqu’à demander qu’il soit érigé une statue du Professeur Alpha Condé à Pinet, la localité où pendant la présidentielle de 1998, le leader du RPG sera arrêté et accusé, laconiquement, de tentative de franchissement de la frontière. Jean Marie, lui, a déjà franchi celle qui lui est interdite. A son départ de son poste, qu’il n’entend pas précipiter, pour des raisons plus ou moins convaincantes, le locataire de la primature nous laissera, de lui, le souvenir d’un homme qui aura oublié ce qui lui était indispensable pour s’illustrer : une personnalité à la hauteur du titre dont il a été investi durant une période précaire.
Les mensonges de Jean Marie Doré …
Par ailleurs, force nous est de noter que le Premier ministre Jean Marie Doré, lors de cette dernière conférence de presse en date ne s’est pas gêné de mentir. Il s’est livré à des affirmations gratuites et fausses sur le quiproquo qui l’opposa à notre hebdomadaire indépendant ‘’Le Défi’’ et à son Directeur de publication, au mois de juin dernier. Jean Marie Doré a donné une ridicule version de l’échange téléphonique qu’il avait eu avec monsieur Thierno BAH. C’était le lundi 14 juin 2010 à 09H 54mn.
Aujourd’hui, l’on constate, malheureusement, que le Premier ministre transitaire persiste sur son envie de donner une certaine légitimité à cette arrestation d’officiers supérieurs suivie d’une SEQUESTRATION. C’est dommage que derrière un mot aussi limpide que ‘’séquestrer’’ monsieur Jean Marie Doré s’emballe au point de ruminer cet affront pendant près de deux mois.
De notre côté, nous insistons et persistons que non seulement Jean Marie Doré s’est présenté au journaliste comme étant le Premier ministre et non ‘’un lecteur’’ comme il l’a laissé entendre, mais aussi et plus grave, il l’a menacé de façon, on ne peut plus claire. ‘’Je vous appelle dans le cadre de la collaboration entre médias privés et gouvernement. Si vous comprenez, tant mieux. Mais si vous ne comprenez pas, je pourrais faire autrement et vous serez amené à vous expliquer et ça ne va pas être facile pour vous. Merci et bonne journée’’. Voilà exactement ce que Jean Marie avait dit au Directeur de ‘’Le Défi’’. Qui n’est jamais allé voir qui que ce soit pour se plaindre, contrairement aux affirmations mensongères du locataire de la Primature. C’est pathétique de voir Jean Marie donner une version vraiment ridicule à ce conflit grammairien qui l’opposa à Thierno BAH. Néanmoins, il est facile de comprendre, à travers son comeback sur ce sujet que le Premier ministre Doré est un homme qui veut toujours et toujours avoir raison.
Encore une fois, il est important de noter, qu’à l’heure du changement, il n’y a pas de sujet tabou. L’opinion a le droit de connaître la vérité sur tout. Y compris sur ce qui se passe au sommet de l’Etat.
Source: ‘’Le Défi’’