Du berger à la bergère : « Je serai le premier à s’opposer à ce que la CENI soit remplacée par le MATAP », dixit Jean Marie Doré

Samedi, 21 Août 2010 09:52
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Suite aux rumeurs qui courent à travers le pays et le monde, le premier ministre Jean Marie Doré a cru bon de rompre le silence pour dire ce qu’il pense de la situation et ce qu’il a fait.  Une réponse du berger à la bergère au CNT.

Le Premier ministre a reçu en fin d’après midi hier jeudi une délégation du groupe international  de contact   composée des représentants de l’Union africaine, de la Cedeao et des Nations Unies. D’entrée, le Professeur Ibrahima Fall  porte parole  de la délégation  a fait part de l’objet de la visite. Celui tout d’abord  de féliciter les acteurs de la transition pour avoir réussi à trouver un consensus autour de la date du 19 septembre pour l’organisation du second tour  du scrutin présidentiel.

Ensuite, les représentants du groupe international de contact  ont salué l’engagement  du gouvernement qui a dégagé une enveloppe de 20 milliards  pour l’organisation du  second  tour. Cette mesure  a réjoui  les représentants de la communauté internationale car elle traduit  selon le Professeur Ibrahima Fall «  la volonté des autorités de la transition de conduire la  transition seulement   jusqu’au 19 septembre et pas au-delà ».

Et à Said Djinnit  représentant  du Secrétaire  général des nations unies en Afrique de l’ouest d’ajouter « nous nous réjouissons de cette décision consensuelle et nous sommes venus pour voir dans quelle mesure on peut continuer à vous aider ». Toutefois, le groupe de contact a  exprimé quelques inquiétudes  au sujet des changements  en vue du dispositif institutionnel et réglementaire  pour  l’organisation du  second tour des élections.

A ce niveau, le Premier ministre a fait larges détails des défaillances constatées lors  du premier tour du scrutin présidentiel. Au vu des ces ratés,  il a été décidé, sur la base des recommandations  du comité ad hoc d’impliquer  davantage le MATAP dans l’organisation des élections pour aider la CENI à corriger ses lacunes. « Il faut donc que les choses soient  claires et c’es t dans ce cadre  que nous pensons qu’il faut donner une base juridique à l’intervention du MATAP pour que chaque acteur sache son rôle dans le cadre de la cogestion du processus ».

Convaincu de la nécessité de la cogestion,  le chef du gouvernement affirme « si le MATAP est impliqué de façon claire dans le processus, nous partagerons avec la CENI les lauriers de la réussite ou alors les coups de pied de l’échec. Mais je souhaite qu’on réussisse à organiser des élections propres  pour éviter  à notre Pays de subir  d’autres secousses, la situation économique est déjà mauvaise  donc  faisons  tout  pour ne pas qu’il y ait un autre choc qui pourrait être cette fois  difficile à supporter».

Ces dispositions pourraient ainsi  aider à l’acheminement à temps des urnes et au transport des résultats  sans risque qu’ils ne soient altérés. Ainsi pour le  Premier ministre,  il n’est nullement question dans ce projet d’ordonnance de  dépouiller la CENI  de ses attributions ;  « je serai le premier à  m’opposer à ce que la CENI soit remplacée par le MATAP  dont le rôle se limitera à la gestion  matérielle, mais il faudrait lui en donner une assise juridique ».

Plus loin, Jean Marie Doré ajoute  « nous avons  un devoir face à l’histoire et tout ce que nous faisons, c’est pour améliorer le scrutin et non pas pour tricher  afin que demain la légitimité du futur  Président de la République   ne souffre d’aucune contestation sérieuse. ».

Avec  une dose d’incompréhension, Jean Marie Doré s’interroge « pourquoi, on veut nous empêcher de lever les équivoques   alors que nous voulons simplement démanteler tout système de fraude dans le processus ? ».

L’autre souci exprimé   par les délégués du groupe de contact international portait sur  la neutralité du personnel de commandement avec le principe de cogestion. Et pour rassurer,  le Premier ministre dira que «  c’est vrai que nous avons reçu les Préfets et Gouverneurs auxquels on avait indiqué  au départ de ne pas se mêler pour leur  dire cette fois-ci  de s’impliquer  mais dans les limites des directives qui leurs seront données. Ils seront impliqués pour appuyer la CENI afin de garantir  la transparence du scrutin et cela de façon neutre. Il faut reconnaitre que ces Préfets  et gouverneurs  exercent leur autorité dans des conditions difficiles. Ils ont donc posé des doléances dans ce sens  et c’est ainsi que des moyens  ont été mis à leur disposition ».

Toujours dans ce  cadre, Ibrahima  FALL dira au Premier ministre qu’ « il est essentiel que l’administration  soit neutre dans le processus et le  fait que vous l’ayez vous-même  rappelé,  nous rassure »

Quant aux accusations sur son supposé soutien à un candidat, Jean Marie Doré dira « je connais  Cellou et Alpha, ce sont tous  des copains à moi, je connais les défauts et les qualités de chacun d’eux, mais cela ne rentre pas  en ligne de compte dans l’appréciation que je fais du processus et puis je n’ai aucun intérêt à soutenir un candidat au détriment de l’autre. Notre souci c’est la transparence des élections pour éviter le péril  qui guette notre Pays ».

Par ailleurs, le Premier ministre a exprimé à la délégation du groupe international  de contact international le souci du gouvernement au sujet de la fourniture à la Fossepel du matériel pour le maintien de l’ordre. A ce niveau, la représentante de la CEDEAO  indiquera  que des dispositions sont en train d’être prises par son institution dans ce sens. 

Au terme de l’exposé du Premier ministre, le Professeur FALL  de l’Union africaine dira que « nous  n’avons jamais mis en doute la volonté  des autorités de la transition de conduire le processus à son terme et c’est pour cela que nous sommes à vos côtés ». Et comme vous, ajoute- t-il « nous sommes également soucieux de la paix  à la sauvegarde de laquelle votre gouvernement travaille ».

Cette rencontre  a  permis  des échanges fructueux qui ont permis aux et aux autres d’être au même niveau  d’information par rapport aux dispositions envisagées par le gouvernement  pour obtenir un second tour de la présidentielle à la fois  transparent et crédible.

Mamadou SAM, directeur de la cellule de Communication de la Primature

 

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