Guinée : Une troisième transition à redouter !

Vendredi, 20 Août 2010 07:34
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guineaIl aura fallu qu’il soit, enfin, fixé une date pour le second tour du scrutin, pour que les ardeurs des uns et des autres se refroidissent. Ce n’est que partie remise, puisque dans moins d’un mois, les citoyens viendront à la charge, moins soucieux de l’élection du futur président de la République que d’en finir avec la période transitoire devenue, au fil du temps, une bien encombrante charge.

Surtout que, partout en Afrique, l’avènement du régime kaki au pouvoir a toujours été fait à coups de promesses d’un retour immédiat à la légalité constitutionnelle, d’un retrait « dès que les choses rentreront dans l’ordre ». Mais, toutes ces promesses servies sur fond d’acclamations populaires auront fini, dans la plupart des cas, par produire d’autres ambitions plus osées, en faveur d’une confiscation du pouvoir, ou, dans le meilleur des cas,  d’un prolongement  de la période transitoire. Un vieux syndrome que semblerait redouter l’émissaire de la CEDEAO, le médiateur de la crise guinéenne qui vient de faire une visite-éclair en Guinée, non sans quitter le pays avec quelques grincements des dents et un conseil précieux que l’on pourrait interpréter comme ceci : « Ne tardez pas à aller au second tour, pour éviter qu’il soit nourrit d’autres ambitions préjudiciables au changement… »

Dès lors, rien n’est écarté, comme hypothèse, dans la mesure où les accords de Ouaga sont toujours l’objet de violations, sous divers arguments.

Le Code électoral sera lui aussi violé, puisque les 14 jours après la proclamation des résultats définitifs par la Cour Suprême, ne seront pas observés, et dire qu’à tous les niveaux, ce fut un retard accusé. Aussi bien, dans le temps de collecte et d’examen des résultats préliminaires par la CENI que dans celui que s’est donné la Cour suprême pour tirer les dernières conclusions.

La date du 19 septembre sera-t-elle respectée ?

C’est moins une question subsidiaire qu’une inquiétude que suscitent les visites effectuées, en l’espace de deux jours consécutifs, par le président Compaoré et son homologue sénégalais, le président Abdoulaye Wade qui semble avoir pressenti, en sa qualité de vieux routier, la nécessité de ne plus laisser les choses traîner dans le pays. POUR QUOI ?

C’est là une question fondamentale, quand on sait que la passion de régner, vient avec la douceur du trône occupé. Surtout que les autorités de la transition ne semblent aucunement dérangées par la nouvelle date, même si beaucoup d’entre nos gouvernants auraient souhaité encore prolonger  et prolonger  leur séjour aux frais de l’Etat.

Curieusement, les deux candidats finalistes se disent, tous deux, d’accord avec la date fixée, alors qu’avant que celle-ci ne soit rendue publique, les avis étaient divergents.

Faut-il, d’ores et déjà, se convaincre du fait que le 19 septembre est une date comme les autres, soumises autant à d’éventuelles influences qu’à d’autres ambitions que le président Blaise Comparé a déjà dénoncées et redoutées ?

C’est dire qu’une troisième transition serait une triste hypothèse dans le contexte actuel.

Mais qu’en sait-on ?

Source : ‘’Le Défi’’

 

 

 

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