C’est au Palais du peuple que s’est tenue la 2e rencontre entre les forces vives
de la nation, le gouvernement et le groupe international de contact sur la Guinée
(GIC) ce 16 mars 2009. En présence des représentants du GIC, les acteurs de la vie
politique nationale, ont tour à tour, exprimé leur volonté de voir la transition
prendre fin dans la paix et la sérénité. C’est ainsi que le représentant du
GIC, co-présidé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de
l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA), a indiqué que : « La Guinée est
un pays précurseur de l’émancipation politique à travers son fameux
‘’Non’’ du 28 septembre 1958 à la communauté française ».
Ibrahima Fall a ensuite apprécié les efforts du Conseil national pour la démocratie et le
développement pour la mise en place d’une transition courte, consensuelle et
participative. Avant de saluer le combat du CNDD contre le trafic de
drogue, la levée de la suspension des activités syndicales et politiques et la
poursuite de l’enrôlement des électeurs. Le représentant de la CEDEAO a
indiqué par ailleurs que le GIC accompagnera la Guinée dans la transition et la
soutiendra financièrement le processus.
De son côté, Jean Marie Doré, représentant les forces de la nation, a fait la
lecture d’un document rédigé collectivement par les partis politiques, les
syndicats, la société civile et le patronat. Ce document comporte les propositions
faites au CNDD et au gouvernement de transition. Parmi ces propositions, il y a
entre autres la création d’un conseil national de transition (CNT) pour la mise
en œuvre d’un dialogue constructif et démocratique et bien entendu aussi la
révision des textes fondamentaux. Jean Marie Doré sollicitera également que ce
mois de mars soit consacré à la création du CNT, le mois d’avril à
l’enrôlement des électeurs, mai et juin, correction et publication du fichier
électoral, le mois de novembre consacré aux élections législatives et décembre
enfin, passer aux élections présidentielles. Pour terminer, il a aussi souhaité
la mise en place d’une commission d’enquêtes sur les événements
de 2006 et 2007.
L’opérateur économique, Super Bobo Loppi au nom du patronat a demandé à ce que
le CNDD « balaie la maison » avant de partir. Il a également invité le GIC à
donner du temps au CNDD pour la préparation des élections. Car, selon lui, les
élections doivent se dérouler dans la sécurité et que si la maison n’est pas
balayée, il n’y aura ni sécurité ni élections libres, transparentes et
équitables. Pour leur part, les représentants de la jeunesse ont quant à eux,
unanimement soutenu le CNDD et lui ont demandé de prendre en compte dans son
programme, les problèmes de la jeunesse guinéenne longtemps laissée pour compte.
Le porte-parole des coordinations régionales, Elhadj Nouhou quant à lui, a appelé
l’unité des Guinéens autour d’un idéal pouvant sortir le pays de l’auberge.
Il a promis au nom des coordinations régionales, que les sages accompagneront et
aideront le CNDD pour la réussite de sa mission à cause dit-il de sa sérénité
et de son courage.
Elhadj Mansour Fadiga au nom des confessions religieuses a reconnu la bravoure du
Président de la République et du CNDD pour leur combat contre le trafic de drogue
et les prédateurs de l’économie nationale. Avant de saluer la baisse relative
des prix des denrées de première nécessité.
Le mot de la fin est revenu au président autoproclamé Dadis Camara. Après avoir
remercié les forces vives, le GIC et le CNDD, il a rappelé qu’il a conçu un
programme de gestion de la transition participative. « L’histoire ne pardonne
pas la malhonnêteté » dira-t-il en substance Dadis. Car, pour lui, la Guinée
est une et indivisible. Et qu’on ne peut pas construire un pays dans la
démagogie, le népotisme et l’ethnocentrisme. Son discours a été surtout
marqué par cette ouverture politique qu’il a faite aux forces vives du pays :
« Ma porte est ouverte pour tout le monde…. Je ne refusera personne…. et je ne
prendrai aucune arme contre un leader politique ou un opérateur économique ».
S’agissant de la gestion de la transition, il a dit : « Dadis et le CNDD ne
sont qu’une goutte d’eau dans l’océan et que s’ils se montrent
inconscients, la jeunesse va les condamner et les chasser au pouvoir. On peut
tromper
ce peuple mais pas la communauté internationale». Pour terminer, il a invité les
leaders politiques à procéder à la culture du dialogue et combattre
l’ethnocentrisme et le régionalisme pour la conquête du pouvoir. Si non, ce
sera un échec pour ces leaders qui se baseront sur leur ethnie ou région.
Amadou Diallo